Rencontre avec Olivier Brault – Fondateur du tout nouveau Hip-Hop Café

Hip-Hop Café

Le 1er mars dernier, nous avons a pu assister à l’ouverture sur Parc, du premier café hip-hop de Montréal.

L’initiative a été prise par Olivier Brault, ancien chroniqueur, animateur radio, gérant d’artistes et avant tout, fan invétéré de hip-hop. Il avait son projet en tête depuis bientôt 10 ans et nous étions curieux d’en savoir plus sur son nouveau concept et ses premières impressions en tant que gérant du Hip-Hop Café.

Nous avons donc été à sa rencontre.

DILLMATIC : Peux-tu nous présenter ton concept et nous expliquer comment est-ce qu’il a mûri ?

Olivier : J’avais ce projet en tête depuis 9 ans, à l’époque il y avait une portion café, mais c’était surtout disquaire. Dans la mesure où j’étais tanné d’aller dans des spots proposant de la musique trop underground ou trop commerciale. Le but était de regrouper le tout, de rassembler les gens vers un tout commun. Petit à petit, la portion évènementielle s’est ajoutée, ainsi que les autres produits de merch, vinyles, dvd, les t-shirts à l’effigie de groupes. La portion café était vraiment une façon différente de ramener les gens vers le hip-hop, plutôt qu’un bar par exemple, car il y a aussi des familles qui rentrent ici avec leurs enfants.

D : Quelle était ta cible en ouvrant ce café ?

O : On est dans un coin assez hipster, les gens ont toujours cette perception que le fan de hip-hop porte des baggy jeans alors que plus le temps passe, plus tu te rends compte qu’il y a des gens qui portent des skinny jeans ou des suits et qui sont des gros fans de hip-hop. Le fan typique de hip-hop est en train de laisser place à d’autres styles et ce coin ci est une bonne représentation des différences, c’est un bel amalgame de cultures : jeunes, vieux, familles…

D : Dans ce quartier, on retrouve à la fois des francophones et des anglophones, quelle est ta clientèle la plus représentative à ce niveau ?

O : Des anglophones principalement, mais de tous âges.

D : Est-ce pour ça que tu voulais séduire le public français avec cette sélection de vinyles directement arrivée de France ?

O : Absolument pas, on voulait rassembler le tout, anglophones et  francophones. Je ne veux pas causer une frontière entre les deux publics, car good music is good music, and good people is good people. Ce n’est pas seulement la langue, la culture, l’ethnie, c’est un peu ma façon de faire un melting pot des genres.

D : En lançant ce projet, ton but était de créer un lieu de rassemblement pour la communauté hip-hop. Est-ce que cela signifie pour toi que la culture hop-hop est sous-représentée à Montréal ?

O : Ce n’est pas au niveau talents que la culture hip-hop est sous représentée à Montréal, mais ce sont les plateformes qui manquent. Le niveau de talents augmente d’années en années, tant du côté anglophone que francophone. Il n’y a pas que des MCs et DJs, il y a aussi les producteurs, comme Kaytranada qui va se produire sur le prochain album de Mobb Deep par exemple. Effectivement, cela peut être ma contribution, je ne prétends pas que le Hip Hop Café est la Mecque du hip-hop à Montréal, c’est aussi une entreprise, c’est un moyen de jumeler le tout, créer son entreprise et rassembler les gens.

D : Quelle est ta valeur ajoutée par rapport à un autre disquaire, proposes-tu une sélection pointue ?

O : Définitivement plus pointue. On essaie tout de même d’avoir du stock plus commercial, mais surtout et principalement des choses que les gens ont de la difficulté à trouver à Montréal, spécialement les vinyles français (Ma 6-t va crack-er, Xmen…), mais ça reste tout de même un mélange des deux.

L : En regardant ton stock de vinyles, on a remarqué l’absence de gros artistes du top 40. Cela fait-il partie de ton idée de changer l’imagerie du hip hop ?

O : Une portion est surtout liée aux fournisseurs que j’ai. Il est difficile de me procurer certains albums de noms connus. On pourrait mettre du Jay-Z ou encore du Drake, mais on essaye de ne pas trop en abuser, car ça fait partie de la thématique de montrer que le hip-hop, ce n’est pas seulement ce qu’on voit à la télé et à la radio, je pense que c’est ce que reflète notre sélection.

D : Pour en revenir au lancement de ton projet, comment s’est passée l’ouverture de ton café ?

O : Malade ! Au-delà de mes attentes. La place était remplie, on avait Dr Mad, DJ Mark the Magnanimous et les Dead Obies qui étaient présents.  Ça a vraiment été un gros succès, tant au niveau de la présence, des ventes, que des appréciations. C’est aussi grâce aux gens qui ont propulsé l’évènement, on a des interviews de prévues avec La presse, Clin D’œil, etc.

D : Comment se sont passées tes premières semaines ? As-tu eu des journées chargées ?

O : La semaine c’est un peu plus calme, mais on étudie encore les tendances au niveau du passage dans le café, on va donc adapter nos horaires en fonction de ça. Mais pour un démarrage, c’est un succès. On a deux semaines dans le corps et ça se passe bien, on est assez contents.

D : À quoi ressemble la programmation typique d’une semaine de travail au café ?

O : Rien n’est fixe, on essaye de varier. Pour le moment, on essaye de prendre notre temps pour bien bâtir les calendriers, mais d’une semaine à l’autre, il pourrait y avoir une exposition de toiles de graphes, une maison des jeunes de Côte des Neiges  qui vient présenter les projets que les jeunes préparent en studios, ou il peut y avoir Valérie Daure qui revient un dimanche pour faire un set avec son band. 

Ce qui est important, c’est que peu importe l’événement, il n’y a jamais de cover à la porte.  Autre chose qui se rapporte un peu au centre communautaire, ce sont les vitres du café qui permettent aux gens de voir tout ce qui se passe à l’intérieur, libre à eux de rentrer et vivre une belle expérience.

D : Pour alimenter la playlist de nos lecteurs, qu’est-ce que tu écoutes en ce moment dans ton ipod ?

  • OC –  Apollo Brown
  • Madvillainy – Madlib x MF Doom 
  • Full Course
  • Zero gravity  – Ceasrock 
  • Ghostface Killa – Supreme clientele
  • Roc Marciano
  • Gravitas –  Talib Kweli

D : Et tes classiques ?

  • Les sons de Roc Marciano (je suis un fan fini !)
  • Illmatic – Nas
  • Opera Puccino – Oxmo Puccino

Merci à Olivier pour cette interview ! Pour les événements à venir, c’était off-records, so stay tuned, on vous donnera des nouvelles !

Pour plus d’infos sur le Hip Hop Café : Site Web // Facebook

Hip-Hop Café – 4801 Avenue du Parc, croisement Villeneuve.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :